La mort d’une librairie

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Cela fait toujours un peu vieux jeu de s’en plaindre par les temps qui courent, mais bon sang ! les petites librairies de quartier tombent comme à Gravelotte. Si ce n’est pas le développement fulgurant de la vente sur Internet, c’est le prix de l’immobilier qui, à Paris tout spécialement, chasse le livre de ses ultimes bastions.

Dernier exemple en date, l’imminente disparition de la librairie Céline Poisat, sise au 102 rue du Cherche-Midi dans les locaux des premières éditions surréalistes (Au sans pareil, 1919) qui furent toujours occupés jusqu’à aujourd’hui par différents libraires (ainsi que le dit si bien Libération, « le décor paraît figé dans son jus »). On l’aura compris, c’est bien le prix délirant de la location qui a ici déterminé le sort de la malheureuse librairie. Probablement échauffée par la perspective de rentes faramineuses en cas d’installation d’une boutique à la mode, la propriétaire a décidé de se débarrasser de ce commerce décati. Le bail ne sera donc pas renouvelé au profit de la librairie, et ce malgré l’exceptionnelle mobilisation des riverains pour empêcher l’expulsion. Parmi ceux-ci, l’inénarrable Gérard Depardieu, qui loge en face, a lui-même tenté d’intervenir. En vain. Si Céline Poisat estime que la fermeture est maintenant inéluctable, il reste que la mairie de Paris pourrait à tout le moins contraindre la propriétaire de garder un commerce de livres. « Pour six mois tout au plus » estime la libraire, car l’adresse ne tardera sans doute pas à trouver une plus fructueuse utilité dès que la période de convenance sera passée…

Ceux qui voudraient faire un tour dans la librairie ont donc jusqu’à la fin du mois, dernier délai. Ils y trouveront, ma foi, de belles choses, comme ces Lettres de guerre de Jacques Vaché qui furent précisément l’une des premières publications des éditions Au sans pareil.

Lucien JUDE

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Un commentaire pour La mort d’une librairie

  1. BBC dit :

    Ce n’est sans doute pas tout à fait la même chose, mais on perd également une très jolie et vieille pharmacie à côté du Panthéon. Le beau bâtiment va se transformer en un énième infâme magasin de mode… Tout se perd, tout se délite !

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