Le complexe de la voiture de fonction

Comment faire proche du peuple quand on est de gauche et au pouvoir ?

L’une des solutions réside indéniablement dans la manière de se déplacer. Marqueurs de classe s’il en est, et symbole de la dépravation financière et de l’obsession sécuritaire du précédent gouvernement, les transports jouent en politique un rôle important.

Nous avons donc vu fleurir récemment, et malgré ce temps automnal, des ministres sur des vélos, des quais de métropolitains et de RER et même, miracle de la nature, un président sur le quai d’une gare.

Il n’est pas question ici de revenir plus sur cette risible tentative d’enfumage. Tout le monde a pu le constater, les chauffeurs attendent au garde-à-vous au coin de la rue et les commandants de bord sur leur tarmac, prêts à reprendre du service une fois les journalistes disparus.

Donc, pour en savoir plus, et sans attendre l’imminente remise en marche du zeppelin à vocation écologique lors des déplacements transatlantiques, nous nous sommes replongés dans Les dossiers du Canard de juillet 1995, intitulés : Un été 81.

Dans l’article Us et costumes, barbus et coutumes, il est aussi beaucoup question de la gauche dans son rapport au transport. En 1981 donc, outre l’apprivoisement rapide du Glan (l’aviation d’État de l’époque) et de son champagne, est abordée l’épineuse question des voitures de fonction. On y apprend, ce qui ne nous parle plus beaucoup, que les ministres roulent en CX et les seconds couteaux en R5, voitures bas de gamme, nous précise le volatile bien conscient de notre inculture.

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Mais c’est aussi dans le relationnel que se joue la tentation de la sobriété. Hélas, ça coince, car non content de tutoyer à tout va les personnels des ministères, un membre de cabinet, cité par le Canard, raconte : « au début, nous avons tenté d’instaurer de nouvelles relations avec les chauffeurs, nous étions plus aimables, moins distants que nos prédécesseurs » . Et pour ce faire, quoi de mieux que de s’installer tout bonnement à côté desdits chauffeurs ? Seulement ces derniers, n’ont pas vraiment goûté la douce humilité de leur patron et ont exprimé leur préférence de : « voir Monsieur monter derrière comme tout le monde ».

Quelle déconvenue, on l’imagine, pour l’édile qui, mû par une naïveté rafraîchissante et peut-être la proximité de quelques journalistes, s’est vu ainsi rejeté grossièrement sur la banquette arrière !

Mais si l’on en croit l’expérience de 81, il ne faut pas trop s’en faire pour le nouveau gouvernement, la gauche a très vite pris ses marques au milieu des ors de la République, appréciant non seulement ses moyens de déplacement, mais aussi les fourneaux de ses cuisines…

GV

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