Quand les généraux français lisaient « Ric et Rac »

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Source Gallica

Les gradés français ont toujours eu soin de bien lire, ceci pour bien diriger. Lucien Rebatet donne un intéressant témoignage de cette disposition à la lecture, du temps où nos meilleurs généraux attendaient vaillamment la reprise de la lutte dans la bonne ville de Vichy :

[Le capitaine Z.] portait sous le bras un bouquin jaune : Les Trophées du seigneur José Maria de Heredia. Je ne pus m’empêcher de manifester quelque surprise devant cette lecture parnassienne et insolite.

— Vous pouvez rire, fit-il, mais c’est pour m’apprendre à rédiger bref.

Un ou deux jours plus tard, en flânant au-dessus de la source des Célestins, je surprenais sans le vouloir les lectures intimes d’un général à trois étoiles. Assis derrière un petit kiosque, au bord d’une allée écartée, il était plongée profondément dans Ric et Rac.

Quand je racontai la chose, on rit beaucoup et on ne me crut pas trop. Mais à quelques temps de là, un de mes amis à son tour tomba sur un général qui lisait Ric et Rac. À sa description, je compris que ce n’était pas le mien.

Lucien Rebatet, Les Décombres

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